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  Ils ont dit de Cauterets...

Charles Baudelaire (1821-1867)
Incompatibilité 1838
Sous mes pieds, sur ma tête et partout, le silence,
Le silence qui fait qu'on voudrait se sauver,
Le silence éternel de la montagne immense,
Où tout est immobile et tout semble rêver.

On dirait que le ciel, en cette solitude,
Se contemple dans l'ombre et que ces monts, là-bas,
Écoutent, recueillis, dans leur grave attitude,
Un mystère divin que l'homme n'entend pas.
 
Alfred de Vigny (1797-1863)
O montagnes d'azur ! O pays adoré !
Rocs de la Frazona, Cirque du Maboré
Cascades qui tombez des neiges entraînées,
Sources, gaves, ruisseaux, torrents des Pyrénées
Monts gelés et fleuris, trône des deux saisons,
Dont le pied est de glace et le front de gazon...
 

 

"En voyage, Alpes et Pyrénées 1843" - Victor Hugo (1802-1885) dans une lettre à son ami Louis

A propos de Cauterets : « Figurez-vous, que je me lève tous les jours à quatre heures du matin, et qu’à cette heure sombre et claire tout à la fois je m’en vais dans la montagne. Je marche le long d’un torrent, je m’enfonce dans une gorge la plus sauvage qu’il y ait, et, sous prétexte de me tremper dans de l’eau chaude et de boire du soufre, j’ai tous les jours un spectacle nouveau, inattendu et merveilleux ».
« L’air était froid, les sapins mouillés étaient plus noirs qu’à l’ordinaire.
Les brumes montaient de toutes parts des ravins comme les fumées des fêlures d’une solfatare. Un bruit hideux et terrible sortait des ténèbres, en bas, dans le précipice, sous mes pieds ; c’était le cri de rage du torrent caché par le brouillard ».


« Le ciel était étoilé, mais quel ciel et quelles étoiles ! Vous savez, cette fraîcheur, cette grâce, cette transparence mélancolique et inexprimable du matin, les étoiles claires sur le ciel blanc, une voûte de cristal semée de diamants ».
« Pas un nuage, pas une vapeur. Une vie obscure et charmante animait le flanc ténébreux des montagnes ; on y distinguait l’herbe, les fleurs, les pierres, les bruyères, dans une sorte de fourmillement doux et joyeux. Le bruit du gave n’avait plus rien d’horrible et était un grand murmure mêlé à ce grand silence. Aucune pensée triste, aucune anxiété ne sortait de cet ensemble plein d’harmonie.
Toute la vallée était comme dans une urne immense où le ciel, pendant les heures sacrées de l’aube, versait la paix des sphères et le rayonnement des constellations ».
« Il me semble, mon ami, que ces choses-là, sont plus que du paysage ».

De Gavarnie : « C’est une montagne et une muraille tout à la fois ; c’est l’édifice le plus mystérieux du plus mystérieux des architectes ; c’est le colosseum de la nature ; c’est Gavarnie ».

Voici le nœud monstrueux de l'ombre et de l'azur, une muraille ! Elle est prodigieuse, elle a dix mille pieds de haut et de largeur dix lieux. Ce haut boulevard monta, altier, froid, surprenant, et, d'une mer à l'autre, il barre un continent.

"Et son faîte est un toit sans brouillard et sans voile où ne peut se poser d'autre oiseau que l'étoile; C'est le Pic du Midi."

La cabane dans la montagne
Le soleil se couchait, les brumes commençaient à monter des torrents qu'on entendait bruire profondément dans les ravins perdus. Nulle trace d'habitation. Ce col devenait de plus en plus sauvage.
J'étais excédé de fatigue. J'avisais à droite, à mi-côte, à quelques pas du sentier, au pied d'une haute roche à pic, un bloc de marbre blanc à demi enfoncé dans la terre. Un grand sapin mort de vieillesse et tombé de l'escarpement s'était arrêté à ce bloc en roulant sur la pente et le couvrait de son branchage desséché et hideux. Harassé comme je l'étais, ce bloc et cet arbre mort, sur lesquels dans ma pensée, j'accrochais, comme des tentes, nos matelas et nos couvertures, me parurent constituer une chambre à coucher confortable.

A propos du Pont d’Espagne, Victor Hugo le 28 août 1843 :
« Pas un nuage, pas une vapeur. Le bruit du gave n’avait plus rien d’horrible. Il me semble mon ami, que ces choses là sont plus que du paysage. Je passe ma vie entre un point d’admiration et un point d’interrogation. »

 

 

 

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