CABANER : Chavirer pour une embarcation sans dessus dessous.

CABESTAN : 1. Treuil à bras dont la poupée est verticale, utilisé pour des manœuvres nécessitant de gros efforts (remonter l'ancre, virer les amarres, soulever de lourde charge). La poupée est mise en mouvement par une couronne de barres que les matelots poussent. La poupée peut être double et sur deux ponts différents. Sur un vaisseau de 74 canons, le grand cabestan peut regrouper 140 matelots sur deux ponts. (Voir : barre d'anspect).
2. Nœud marin pour
arrimer un navire.

CABILLOT : Grosse cheville de bois ou de métal, traversant les râteliers, et sur laquelle on tourne une manœuvre courante pour la fixer. Le cabillot est composé du manche - partie courte et renflée - et du fut - partie longue, légèrement conique et enfoncée dans le râtelier. Le cabillot est une parfaite matraque improvisée, lors des mutineries.

CABINE : Logement réservé aux officiers.

CABLE : Très gros cordage formé de 3 aussières commises qui sert essentiellement à retenir l'ancre. Il peut atteindre 24 pouces de circonférence (65 cm, soit 20 cm de diamètre). En dessous de 12 pouces, on parle de grelin.

CABLOT ou CABLEAU : Petit câble servant au mouillage d'une embarcation.

CABOTAGE : Navigation marchante le long des côtes, de port en port, généralement d'un même pays. S'oppose à la navigation au long cours.

CACATOIS : 1. Voile carrée légère et la plus haute dans la mâture (placée au-dessus du perroquet). Grand cacatois sur le grand mat et petit cacatois sur le mat de misaine.
Contre-cacatois : cacatois supérieur. (Voir
VOILE).
2.
Mât supportant cette voile.
**** Voir illustration :
PHARE.

CADENE : Sur les navires modernes, barre métallique (ou caine) fixée dans sa partie inférieure au bordé par des boulons et un étrier de renfort et recevant dans sa partie supérieure un cap de mouton, permettant de tendre un hauban par l'intermédiaire des rides. Voir illustration.

CAGNARD : Toile tendue entre les haubans ou sur les côtés pour servir d'abri ou de pare-vent.

CAILLEBOTIS : treillis de bois servant de plancher amovible ou de grille d'aération.

CAISSE : 1. Réservoir. On pale de la caisse à eau douce en particulier. 2. Partie inférieure et carrée ou polygonale d'un espar (bout-hors, beaupré, mat de hune). 3. Bloc constituant une poulie et contenant le réa.

CALE : Partie interne du navire, sous le pont, recevant la cargaison. Les prisonniers y sont enchaînés. Les "caliers" y rangent, en les arrimant, les tonneaux de vivres, de liquides, ainsi que les rechanges (voiles, câbles).

CALE DE CONSTRUCTION : Plan incliné servant à la construction ou à la réparation d'un navire.

CALE, Supplice de la... : Le matelot à punir, est attaché à une basse vergue - ou à la grande vergue - et est précipité à la mer. On appelle cela aussi subir une estrapade.
Subir la "grande cale" consiste à jeter par dessus bord le matelot à punir, attaché, pour le remonter de l'autre côté du navire. Etre calé 2 ou 3 fois de suite provoque la mort. Ce châtiment fut supprimé en 1848.

CALE SECHE : Fosse étanche en maçonnerie où peut entrer un navire et qui peut être asséchée afin d'effectuer des réparations du navire.

CALEBAS : Manœuvre servant à amener une vergue (synonyme de "halebas").

CALER : Descendre une des sections supérieures de la mature. On peut caler le mat de perroquet à l'arriver du gros temps.

CALFAT : Ouvrier qui calfate la coque d'un navire, à l'aide d'un ciseau appelé calfaix. Ils sont aidés par les calfatins et dirigés par un maître-calfat.

CALFATER : Garnir d'étoupe (constituée de vieux cordages) enduite de brai (poix mélangée à de l'huile de poisson), les interstices (= coutures) entre deux planches (le bordage ou le vaigrage ) afin d'en assurer l'étanchéité, de permettre une certaine dilation et de suivre ainsi les variations du bordage de la coque et du pont d'un navire.

CALIBRE : 1. Poids du boulet ou de la balle tiré (36, 24, 18, 12, 8 ou 4 livres). 2. Diamètre de l'âme du canon, mesuré à l'aide d'un instrument appelé "Calibre". 3. Gabarit servant de modèle pour évaluer les proportions d'un navire (longueur, largeur).

CALIER : Homme chargé de la distribution de l'eau douce.

CALIORNE : Prononcé "cayorne". Palan de fort échantillonnage, composé en général de 2 poulies à croc, celle du haut à 3 réas et celle du bas à 2 réas. Le garant du haut permet de haler, souvent à l'aide d'un palan de retour.

CAMBUSE : Magasin, placé à l'avant du navire, contenant les rations quotidiennes du marin en vivre et vin. Elle est sous l'autorité du Cambusier, appelé aussi Dépensier, chargé de suivre les réserves du navire.

CAN : Face la plus étroite d'une longue pièce de bois. Lorsqu'une pièce de bois repose sur cette face elle est placée de can.

CANON : 1. Tube, de fer forgé jusqu'au début du XVIe siècle puis, en bronze permettant de tirer des boulets.
Il fallait 10 hommes pour servir un gros canons.
La portée des canons est en théorie de plus de 3500 mètres.
En pratique, ils portent au plus à 1600 mètres.
Après chaque tir il faut déplacer les plusieurs tonnes du canon pour le recharger.

Au XVIe siècle, une coulée de haut fourneau ne donne que 450 Kg de fonte alors qu'un canon de calibre 4 en fait 660. Le calibre 8 est coulé en 1615. Le 12 en 1638, le 14 en 1645, le 24 en 1675, le 36 en 1682. En 1671, le roi classe ses vaisseaux en 5 rangs selon leur tonnage et leur nombre de canons. (Voir Vaisseau).
Canon de bordée : Pièce d'artillerie tirant par le travers du navire. Voir
Pièce de chasse et Pièces de fuite)
2. Pilier de fer enfoncé dans le sol et servant à fixer les
amarres.

 

Canon sur son affût

 

 

1 : bouton de culasse
2 : lumière
3 : canal de la lumière
4 : renfort de culasse
5 : tourillons
6, 7 : renforts de la volée
8 : bouche
9, 10, 11 : moulures des premier et deuxième renforts, et renfort de volée

12 : essieux des roues
13 : roues
14 : clavettes
15 : sole
16 : flasques
17 : entretoise
18 : susbandes
19 : tire-fonds
20 : anneaux pour crocher les palans

21 : trou pour le passage de la brague
22 : anneau de passage de la
brague du canon (système anglais)
23 : berceau de pointage
24 : coins de hausse
25 : support du tourillon
26 : clavette de sus­bande (reliée au flasque par une chaînette)
 

 

CANONNADE : 1. Tir soutenu d'un ou de plusieurs canons. 2. Petit combat.

CANONNIER : Marin chargé du tir des canons. Le maître canonnier est responsable de la clef du local à poudre, il est le commandant des artilleurs, sous les ordres du Capitaine. (Appelé "Second ou troisième lieutenant" sur les navires de guerre).

CANOT : Petite embarcation, mue tout aussi bien par des avirons, que par une voile.

CANAL D'ECOULEMENT = CANAL DES ANGUILLERS : Canal de recueil des eaux d'infiltration, au fond de la coque d'un navire.

CAP : Direction de la route d'un navire.

CAP-DE-MOUTON : Bloc de bois plat et rond percé de 2 ou 3 trous. Deux caps de mouton sont reliés entre eux par un cordage appelé la ride. En raidissant le palan ainsi formé on étarque les haubans au cadènes.

 

 

 

1 : Haubans
2 : Galhaubans
3 : Caps de mouton des haubans
4 : Caps de mouton des cadènes
5 : Cadènes

6 : Etriers
7 : Rides
8 : Quenouillettes
9 : Porte-haubans

 

CAPE : 1. Se mettre à la cape = interrompre sa route, se mettre face au vent, réduire sa voilure pour parer au mauvais temps et étaler les vagues de face pour éviter les effets de la mer.
2. Voile de cape = petite voile très solide pour le gros temps (voir
Trinquette).

CAPELAGE : 1. Ensemble des manœuvres mortes formées par les boucles des extrémités hautes des haubans et des galhaubans permettant de les fixer en tête de mât.
2. Zone de la tête du
mât ou de l'extrémité d'une vergue, du beaupré où sont passées les boucles du gréement dormant.

CAPELER : Passer une boucle ou un cordage dans tout objet propre à les recevoir.

CAPITAINE : Jusqu'au XVe siècle, son commandement ne s'exerce que sur les hommes d'armes. Le pilote, lui, commande pour la navigation du navire. A partir du XVIe siècle, s'il est capitaine général, il assure les deux commandements. Il peut être aidé par un capitaine en second, voir un 3e, un 4e capitaine... A partir de 1681, il doit passer un examen et avoir navigué pendant 5 ans.
Le capitaine de pavillon est le commandant du navire ayant à son bord l'officier commandant l'escadre.
Le capitaine de brûlot commande un brûlot. Il est presque toujours un roturier.
Le capitaine d'armes est responsable de l'entretien et de la distribution des armes portatives et des leurs munitions : gargoussières, poudre fine à mousquet, balles, bourre, pierres à fusil... En 1765, il est subordonné au maître canonnier.
Le capitaine des matelots commande aux matelots sous le maître d'équipage, de même que le capitaine des mousses commandes aux mousses au XIXe siècle.

CAPON : Palan servant à hisser une ancre (on la caponne) sous le bossoir (Bossoir de capon).

CAPUCINE : Voir ETRAVE.

CARAQUE : Navire du XVe siècle portugais, assurant le commerce avec le Brésil et les Indes Orientales.
Ces proportions sont du type 3/2/1 c'est à dire : 30 m de long pour 20 m de longueur de quille pour 10 de large. La caraque est très large par rapport à la longueur de sa coque. Elle présente les caractéristiques suivantes : Fort
gaillard d'avant projeté sur l'avant de l'étrave ; Beaupré avec voile livarde en dessous ; Misaine avec petit hunier ; Grand-voile carrée avec grand hunier ; Brigantine. Un petit quatrième mat porte une voile latine : la Bonaventure. Au XVe siècle la caraque faisait 1000 tonneaux puis, 1200 voir 2000 tx au XVIe siècle.

CARAVELLE : (portugais caravo a vela, barque à voiles). Navire typique du XVe et XVIe siècle d'origine portugaise et de faible tonnage (50 tonneaux) et faible tirant d'eau, excellent pour l'exploration. Au début, à 2 ou 3 mats, portant des voiles latines : misaine carrée, grand voile carrée et brigantine. Ce sont les navires utilisés par Christophe Colomb pour ses explorations vers le Nouveau Monde.

CARENE : 1. Partie de la coque immergée, sous la flottaison = oeuvres vives.
2. Grosse pièce de bois placée sous la
quille, sur toute sa longueur.

CARENER : Nettoyer, peindre ou réparer la carène (les oeuvres vives) d'un bateau.

CARET, fils de : Gros fils de chanvre torsadé, servant à faire des cordages.

CARGUE : Cordage servant à replier les voiles contre les vergues, pour l'étouffer. Les cargues sont fixées sur les ralingues de la voile.
Les basses voiles
carrées ont :
- de chaque côté une cargue-point fixée au point
d'écoute,
- une cargue-bouline fixée au milieu de la ralingue de chute,
- quatre cargues de fond (ou cargue-fonds, deux de chaque côté) et
- une cargue de milieu.
Les dispositifs des voiles hautes sont plus simples. Trois cargues suffisent pour les
brigantines.

Une voile et ses differentes cargues
**** Voir illustration :
PHARE, GREEMENT , VOILE

CARGUER : Agir sur les cargues pour étouffer les voiles et les plier contre les vergues.

CARLINGUE : Poutre longitudinale servant à renforcer la quille à l'intérieur de la coque. Elle est placée au dessus des varangues, parallèlement à la quille. Dessus prennent appui les "épontilles".
Sur toute sa longueur, elle est assemblée par un assemblage à onglets, dit à "écart de carlingue".
Elle peut être surmontée d'une "Sur-carlingue" ou être flanquée de "Carlingues latérales".
Elle repose sur le "
massif arrière" et sur le "massif avant".
Les pièces de bois incurvées placées sur la carlingue à l'avant et à l'arrière s'appellent "
marsouin avant" et "marsouin arrière".
**** Voir illustration :
ETAMBOT et ETRAVE

 

 

1 : Quille
2 : Fausse-quille
3 : Etambot
4 : Contre-étambot
5 : Marsouin arrière
6 : Talon
7 : Lisse

CARONADES : Canons courts et trapus, pour le combat rapproché.
Une caronade (ou carronade) est un court et gros canon tirant des boulets ou de la mitraille.
Elles furent employées aux XVIIIe et XIXe siècles.
La caronade est moitié moins longue et, sa paroi étant relativement mince, elle pèse le tiers du poids d'un canon traditionnel.
Il
suffit de 3 hommes pour la servir au lieu de 10... pour un gros canon !
On distingue le calibre des canons par le poids de leur boulet exprimé en livres. On parle de caronade de calibre 36 (diamètre 15,5 cm) pour les vaisseaux et frégates de 1er rang ; 24 sur les petites frégates ; 18 à 12 sur les bricks, goélettes. Mais, on a vu des calibres jusqu'à 68 livres, avec une charge de 5,5 livres ! 
Le mot " caronade " provient du nom des forges de Caron en Ecosse, " Carron and Co " où les premières caronades furent inventées et fabriquées à partir de 1770. La Royal Navy les appelait parfois le " Briseur ",
le " Démolisseur " et les Français "le canon du diable".
De par leur faible poids, elles sont placées sur le gaillard d'avant ou d'arrière.
Ne pouvant supporter de forte charge de poudre, elles tirent :
   - soit des boulets de fer de relativement gros calibre (afin de faire des dégâts importants) mais à faible distance de tir (de l'ordre de 300 m),
   - soit de la mitraille, balayant le pont principal du navire ennemi.
La France tarda avant d'adopter ce type de canon (1794). Les Anglais eurent donc un « avantage » certain sur notre marine ce qui engendra d'énormes pertes humaines.

 

Une caronade

Vue de profil et de dessus

Caronade et ses palans
La caronade,  sa brague et ses palans vue de dessus

 

CARRE : Pièce sous le gaillard arrière ou la dunette, où les officiers prennent leurs repas. Terme apparu sous Louis-Philippe, sur le frégates. On distingue le carré de l'amiral, du commandant, des officiers supérieurs, des officiers subalternes.

CARRE (TROIS-MATS CARRE) : On distingue les voiliers selon la voilure du mât d'artimon, les autres mâts portant des phares carrés. On parle de :
- "trois-mâts carré", lorsque le mât d'artimon porte des
vergues avec des voiles carrées en avant et une brigantine sur l'arrière,
- de "trois-mâts
barque", lorsque le mât porte la brigantine et une flèche au dessus.

Trois mats Carre

 

1 : Clinfoc

14 : Grand Hunier volant

 

2 : Faux Foc

15 : Grand Perroquet fixe

 

3 : Grand Foc

16 : Grand Perroquet volant

 

4 : Petit Foc

17 : Cacatois

 

5 : Misaine

18 : Contre Cacatois

 

6 : Petit Hunier fixe

19 : Voile barrée

 

7 : Petit Hunier volant

20 : Perroquet de fougue fixe

 

8 : Petit Perroquet fixe

21 : Perroquet de fougue volant

 

9 : Petit Perroquet volant

22 : Perruche fixe

 

10 : Petit Cacatois

23 : Voile volante

 

11 : Petit Contre Cacatois

24 : Voile volante de Perruche

 

12 : Grand-Voile

25 : Contre Cacatois de Perruche

 

13 : Grand Hunier fixe

26 : Brigantine

 

27 à 30 : Voile d'étai avant

312 et 33 : Voile d'étai arrière

CARREAU : Dernier bordage supérieur de la coque d'un canot. Correspond aux préceintes.

CARREE (VOILES CARREES) : Voile quadrangulaire, au bord supérieur horizontal suspendu par une vergue.
La vergue est fixée par son centre au mat. Les voiles carrées sont tenues dans chaque coin inférieur :
- pour les voiles supérieures, par une
écoute à la vergue inférieure,
- pour les voiles inférieures, par une
amure et une écoute aux bords du navire.
Les voiles carrées ne peuvent faire avancer la navire qu'en recevant le vent de l'arrière du navire.
On distingue de bas en haut :
- pour les voilures sans
huniers fixes : 1) grand-voile, 2) grand hunier, 3) grand perroquet, 4) grand cacatois.
- pour les voilures avec huniers fixes et volants : 1) grand-voile, 2) grand hunier fixe, 3) grand hunier volant, 4) grand perroquet fixe, 5) grand perroquet volant, 6) grand cacatois.
Au XVII° siècle, à l'extrémité du
beaupré on trouve le perroquet de beaupré gréé sur sa vergue de perroquet de beaupré.
Elle est remplacée, à partir du XVIII°siècle, par la civadière sur sa vergue et, le bâton de foc porte en dessous, sur sa vergue, la contre-civadière.
**** Voir illustration :
PHARE. 

CARTAHU : Cordage volant destiné à suspendre en l'air l'objet qu'on y attache. Les cartahus de linge servent à mettre le linge au sec.

CARTOUCHE :1. Sculpture placée à la poupe du navire et où figure le nom du bateau. 2. Petit cylindre contenant la poudre des armes à feu.

CAVE ou CAVEAU : Soute, situé entre la soute à poudre et la grande cale, où sont rangés les vins du capitaine.

CEINTE : voir Préceinte.

CERCLE DE DROSSE D'UNE VERGUE : Cercle placé de chaque côté du cercle de suspente de la vergue où est fixé l'étrier de brasseyage de la vergue.

CERCLES DE MAT : Cercles en bois, souvent en châtaignier, puis en métal coulissant autour du mât et servant à tenir le guindant d'une voile aurique.

CERCLE DE SUSPENTE D'UNE VERGUE : Cercle métallique fixé au centre de la vergue et portant un piton. Sur ce piton est frappé la suspente d'une basse vergue ou l'itague de la drisse de vergue dans le cas d'une vergue supérieure.

CHALOUPE : Petite embarcation, non pontée, à rame ou pouvant être gréée d'un ou deux mâts, servant au transport des marchandises, des munitions, des passagers, à la pêche.

CHAMBRE : 1. Chambres plus ou moins grandes pour le capitaine et les officiers, sur le gaillard arrière. Les cloisons sont fixes ou en toile. 2. Salle du conseil, c'est la plus grande des chambres où l'état major tient conseil, sous la présidence du commandant de l'escadre. Elle occupe la largeur du navire, sous la dunette et donne souvent sur un balcon ou une galerie fermée. 3. La Grande-chambre est la salle à manger de l'état-major. 4. La Chambre de veille est un local sur la dunette où se trouvent les cartes et les instruments de navigation. 5. Terme désignant des soutes : chambre aux câbles, à poudre, aux voiles, des canonniers.

CHANDELIER : Montant verticaux servant à mettre en place une filière au-dessus d'une lisse afin d'éviter les chutes du pont, d'une passerelle, d'un panneau.

CHANTIER : Berceau en bois découpé à la forme du canot qu'il supporte, sur le pont du navire. Il peut aussi servir de support aux pièces de mature de rechange.

CHANVRE : Plante textile (de la famille des canabinacées) servant à la fabrication de cordage. Les meilleures régions françaises de culture du chanvre sont la Bretagne nord, la Champagne, la région de Bordeaux, la Normandie, le Dauphiné et la Bourgogne.
La frégate l'Hermione a nécessité 15 tonnes de chanvre pour la réalisation de son gréement.

CHARNIER : Tonneau tronconique à couvercle utilisé pour conserver les viandes et lards salés pour la consommation journalière de l'équipage. Par extension, récipient contenant de l'eau potable.

CHARPENTIER : Constructeur de navire appelé, au XVIe siècle, Maître de hache.

CHARTE - PARTIE : Contrat de louage, contrat d'affrètement, de transport entre le propriétaire du navire et d'autres personnes.
Le propriétaire garde le contrôle de la navigation et de la gestion du navire mais l'affréteur est responsable la cargaison.

CHASSE : Les pièces de chasse sont les canons tirant vers l'avant du navire. Ce sont les canons de longue portée. (Voir Canon).

CHASSE-MAREE : Bateau de pèche gréé à deux mats à corne (lougre).

CHASSER : Une ancre chasse lorsqu'elle ne tient pas suffisamment sur le fond et qu'elle glisse = dérape. Le navire dérive.

CHATEAU : Partie surélevée de l'avant ou de l'arrière du navire, appelé aussi Gaillard. Le château avant loge l'équipage, le château arrière, les officiers.

CHAUMARD : Pièce métallique arrondie et ouverte en son milieu pour maintenir et guider les amarres passant sur le pont.

CHEF DE PIECE : Artilleur chargé de la visée d'une pièce d'artillerie. Il commande les servants de la pièce.

CHEF D'ESCADRE : Créés par Richelieu, ce sont des officiers généraux commandant une escadre de vaisseaux commandés chacun par un capitaine de vaisseau. Ils rendent compte aux lieutenants généraux et aux vice-amiraux de France. Ils ont rang de maréchaux de camp et sont appelés contre-amiraux depuis la Révolution. Leur navire aborde au mat d'artimon, un pavillon allongé terminé par deux pointes : la cornette.

CHEMISES DE BONNE SOEUR : Jeu de voile complet, fabriqué en toile épaisse, enverguer à la place des voiles normales, à l'approche du Cap Horn. Il fallait trois jours, sur un trois-mâts, pour changer ainsi toutes les voiles.

CHENE : Principale essence de bois utilisée dans la construction navale. Il provient principalement des forêts de l'ouest de la France.
Son exploitation du XVII° au XVIII° siècle représente une grosse activité. Dans certaines vallées des Pyrénées, on crée des chemins à flanc de montagne afin de les descendre les troncs dans la vallée : les chemins de mature.
Les pièces courbes ou en V sont découpées dans la forme même de l'arbre. Les bordées sont cintrées à la vapeur.

La construction de l'Hermione a nécessité environ 1160 m3 de chêne.

CHEVILLE : Tige de bois et plus tard en bronze, liant et assemblant les pièces de bois de charpente (membrure et bordage).

CHEVILLER : Mettre les chevilles dans les trous prévus et percés par les maîtres-perceurs..

CHEVILLOT : Sorte de cheville de bois tournées et servant à lancer les manoeuvres le long des côtés du navire.

CHIOURME : Ensemble des rameurs sur une galère, enchaînés à leur banc.

CHIRURGIEN : Médecin du bord.

CHOQUER : Laisser filer doucement une manœuvre tendue, mollir, sans la larguer complètement. (Par opposition à border).

CHOUQUE (CHOUQUET, TETE DE MORE) : Pièce à l'origine en bois servant à assembler deux mâts.
On distingue :
- le chouquet à la française : sur l'arrière, il présente un trou carré pour recevoir le
tenon de tête de bas mât et, sur l'avant, un trou pour le passage du talon du pied de mât de hune ou des mâts de perroquet. Sur sa face inférieure se trouvent les pitons pour les poulies de balancine et de guinderesse. Sur ses côtés, circulent, dans des rainures de guidage, les drisses des grandes vergues.
- le chouquet à l'anglaise est plus simple et renforcé d'un cercle de fer
- et le chouquet moderne entièrement en fer.
Illustration.

CHUTE : Correspond à la hauteur d'une voile carrée : ce sont ses côtés. Sur une voile aurique, c'est le bord arrière, à l'opposé du guidant.

CIVADIERE : Voile carrée, fixée sous la vergue de civadière, portée sous le beaupré. Elle améliore la gouvernance du navire lorsque le navire est ardent. Elle est surtout utilisée au largue et par vent arrière.

CLAIR : Une ancre est haute et claire c'est à dire entièrement sortie et pas emmêlée. Par extension : une manœuvre claire, un pavillon clair.

CLAIRES-VOIES : 1. Panneau sur une écoutille donnant du jour et de l'air au local situé en dessous.
2. Lors de la construction de la
membrure, virure non posée immédiatement, laissant ainsi des espaces vides pour permettre à l'air de passer. L'espace sera obturé par les clores.

CLAN (ou CLAMP) : Poulie dont la caisse est placée dans un mat, une vergue, un bordage.
Clan d'une vergue :
mortaises pratiquées aux deux extrémités d'une vergue pour y loger un réa. Dedans y passent les écoutes de la voile immédiatement supérieure.

CLIN : Un bordage est à clin lorsque les virures se recouvrent comme les ardoises d'un toit. Dans le bordage à franc-bord, les bordés sont côte à côte.

CLIN-FOC : Foc très léger situé à l'extrémité du bout-dehors.

CLIPPER : Voilier d'origine américaine, dont la carène est taillée spécialement pour la vitesse, fine et longue. Ils sont utilisés surtout pour le transport du coton et du thé. Ils restent les voiliers les plus rapides, les plus beaux et les plus célèbres. Les premiers sont des goélettes. Les trois-mâts carrés apparaissent à partir de 1845 avec le Rainbow. Le Sovereign of the Seas (2421 tonneaux), de Donald McKay, à Boston, restent le voiliers le plus rapide du monde.

CLORES : Virures qui ne sont posées qu'au dernier moment sur les claires-voies pour permettre à l'air de circuler dans la coque.

COALTAR : Goudron extrait de la houille utilisé pour protéger le bois de la pourriture.

COFFRE : 1. Partie surélevée du pont d'un navire compris entre le gaillard d'avant et la dunette. 2. Caisson métallique flottant servant à l'amarrage d'un navire.

COIFFER : Recouvrir. Une voile est coiffée lorsque le vent souffle sur sa face avant (acculer). La proue du navire est coiffée par une forte vague.

COLLIER DE MAT : Anneau en métal entourant le mât. Ils servent à tenir la bordure avant des voiles.
Certains reçoivent des
"cabillots" autour desquels sont tournées certaines manœuvres.

COLLIER DE SUSPENTE : Collier fixé au centre de vergue permettant la fixation de la suspente maintenant la vergue en place.

COMPAS : Boussole marine indiquant le Nord Magnétique.

COMMETTAGE : Confection d'un cordage par la réunion de brins, de torons tordus ensemble.

COMMETTRE : Action de confectionner des cordages en assemblant les brins entre eux.

COMMISSAIRE AUX CLASSES : Fonctionnaire représentant l'administration de la Marine.

CONGES : Permis obligatoires, délivrés par l'Amirauté.

CONNAISSEMENT : Déclaration de prise en charge des marchandises, indiquant l'état des marchandises chargées sur un navire (nature, poids, marques...). Le capitaine signe ce document avec l'engagement de remettre la marchandise dans l'état où il l'a reçue, sauf périls ou accidents de mer. Cet état est comparé avec l'état des marchandises à l'arrivée.

CONSERVE : naviguer de conserve c'est naviguer avec un autre navire, ensemble.

CONTREBRASSER : Orienter les vergues à l'encontre de leur position première.

CONTRE GALBORD : bordé de fond, suivant les galbords.

COQ : Cuisinier de bord.

COQUE : Structure en bois (généralement en chêne) composé par la quille sur laquelle reposent les couples, recouvert par le bordage à l'extérieur et le vaigrage à l'intérieur. Les barrots s'appuient sur les couples et supportent le pont.

COQUERON : Compartiment étanche de la coque situé à la poupe ou à la proue du navire, pouvant être rempli d'eau, permettant ainsi de modifier l'assiette du navire.

CORBEAU : Lors d'un abordage, crochet de fer utilisé pour s'accrocher à un autre navire.

CORDAGE : Corde en chanvre. A chaque fonction correspond une appellation particulière : aussière, drisse, écoute, hauban, grelin...
Le nom de "corde" est réservé par les marins à celle de la cloche.
Un vaisseau de 74 canons nécessite 84 tonnes de cordage pour son
gréement et les manœuvres, soit 40 kilomètres. Lorsqu'ils sont goudronnés, ils résistent mieux à l'alternance trempage dans l'eau de mer-séchage.

CORNE (PIC) : Espar oblique au mât, supportant le bord supérieur d'une voile aurique. Son extrémité inférieure s'appuie sur le mât et glisse sur celui-ci par sa mâchoire.
Les voiles
auriques (la brigantine, par exemple) ont leur bord supérieur envergué sur la corne. 

CORNE DE BRUME : Instrument émettant des signaux sonores, pour signaler la présence du navire par temps de brouillard.

CORNIER : Allonge extérieure de chaque côté du tableau et formant les deux angles où se rejoignent les virures du pavois et celle du tableau.

CORNIERE : Pièce d'acier présentant deux bordures à angle droit.

CORSAIRE : Homme pratiquant la guerre de course c'est à dire, la guerre contre le commerce maritime de l'ennemi, sans ou avec l'accord officiel de son gouvernement. Dans ce dernier cas, il agit sur "Lettre de marque" délivrée au nom du roi (bien souvent celui-ci n'est pas au courant). Ce document reconnaît le corsaire comme force militaire auxiliaire au service de son pays et cela lui sauve la vie, s'il est capturé.
Souvent les corsaires profitent de ce papier officiel pour piller et tuer les marchants ennemi, comme les pirates.
La "Lettre de marque" est la seule différence entre corsaires et pirates.

CORVETTE : Petit bâtiment de guerre fins, léger et bien toilé donc rapide et maniable, d'environ 150 tonneaux à un seul pont et faux-pont. Il a 3 mats et une batterie d'une trentaine de canons. Intermédiaire entre la frégate et le brick, la corvette sert de bâtiment d'escorte, de liaison, de surveillance des côtes, d'exploration ou pour donner la chasse à l'ennemi. La corvette de 1ème rang porte 28 à 30 canons. Celle de 2ème rang n'a qu'une batterie découverte appelée "barbette" de 20 à 24 canons.

COSSE : 1. Petit anneau dont l'extérieur est en forme de gorge (engoujure). 2. Cosse de cargue = Anneau fixé sur une voile et par où passe une cargue. 3. Oeillet placé à l'extrémité d'un cordage.

COTRE : Petit bâtiment à voile aux formes fines et élancées. Il est apparu en Angleterre au XVIIe siècle. Destiné à tous les types d'usage : navire de contre-bande, navire de combat, garde pêche, cabotage, courrier, patrouilleur... Au 18ème siècle, à hunier simple ou double, grande voile carrée et souvent, avec plusieurs focs.
Aujourd'hui, bateau de plaisance, il porte une grand voile à
corne, une trinquette, un flèche et un ou plusieurs focs.

COULEURS (hisser les...) : Hisser le pavillon, l'étendard. Il permet de connaître le pays d'origine du navire.

COULEUVRINNE : Canon du XVIe siècle et début XVIIe siècle.

COUPEE : Ouverture dans le bastingage permettant de monter à bord. On monte à bord par l'échelle de coupée.

COUPLE (ou MEMBRURE) : Pièce courbe montant de la quille au plat-bord dans la structure transversale du navire et constituant l'ossature de la coque, ses membrures.
Au droit des
mâts, les couples sont doubles.
On distingue :
- les couples droits = couples de levée, de la partie maîtresse de la coque (environ les 4/5ème),
- les couples dévoyés = couples non verticaux de l'avant et de l'arrière.
L'écart entre deux couples n'excède pas 50 cm. Le couple de la plus grande largeur est le maître-couple.
Les couples sont formés de plusieurs parties :
- les varangues : la partie la plus basse, proche de la
quille,
- les genoux, partie incurvée,
- les allonges : première, deuxième, troisième, quatrième, l'allonge la plus haute est l'allonge de sommet.
A l'avant et à l'arrière les varangues ont une forme de fourche, ils sont appelés : forcats.
Selon la taille des navires, les couples peuvent être constitués :
- d'une seule pièce découpée dans un bois présentant une courbure naturelle (petite embarcation),
- de plusieurs éléments assemblés bout à bout par des cales d'empatture, avec
tenon et mortaise (du XVIe au début du XVIIIe siècle), puis par des dés d'assemblage,
- de demi-éléments jonctionnés côte à côte et, assemblés par des taquets ou des clefs de liaison.
Ils sont recouverts par le
bordé à l'extérieur et par le vaigrage à l'intérieur.

 

 

 

1 : Quille
2 : Carlingue
3 : Galbord
4 : Bordage du franc-bord
5 : Virures de fond
6 : Première préceinte
7 : Deuxième préceinte
8 : Troisième préceinte
9 : Quatrième préceinte
10 : Lisse de pavois

11 : Bordé de la flottaison
12 et 13 : Vaigres
14 : Seuillets des sabords
15 : Varangue
16 : Genou
17 : Allonge
18 : Allonge de sommet
19 : Pavois
20 : Porque

21 : Bordé du pavois
22 : Lisse de garde-corps
23 : Baux
24 : Courbe en fer
25 : Bordé de pont
26 : Tenons
27 : Bauquière
28 : Serre-bauquière
29 : Fourrure de gouttière
30 : Hiloires

Voir l'illustration "MEMBRURE".

COURANT : Dans un palan, partie sur laquelle on tire. C'est donc le brin qui court entre les poulies. Le gréement courant est l'ensemble des manœuvres qui servent à établir et à régler la voilure.

COURBE : Pièce de bois renforçant l'angle entre deux éléments de charpente : la courbe d'étambot, entre quille et étambot ; les courbes de barrots, entre barrot et bauquière, courbe de capucine...

COURONNEMENT : Décoration du sommet de la poupe, constituaient de figures en reliefs sculptés, de trophées, de représentations de divinités, d'animaux, dont le choix s'apparentait au nom du navire.
Au-dessus du couronnement sont fixés un ou plusieurs fanaux décorés.

COURSIVE : 1. Passage étroit restant libre sur le pont, dans le sens de la longueur du navire.
2. Corridor réservé entre les cabines ou les aménagements intérieurs.

COUTURE D'ABOUT : 1. Interstice et assemblage entre deux planches d'une même virure.
2. Jonction de deux
bordages dans le sens de la longueur. Ces jointures travaillent avec l'exposition à l'eau. Elles sont étanchées par le calfatage.

CROISIERE : A l'origine terme militaire désignant un navire croisant ses routes, en passant et repassant devant une côte à surveiller.

CUEILLIR un cordage : C'est le lover sur lui-même pour faire une glène.

CUIVRE : Métal utilisé pour le doublage des carènes au 18ème siècle. Il évite la fixation des algues, coquillages et tarets qui creusent des galeries dans la coque. La carène est recouverte de feuilles de cuivre de 1,50 m de long sur 0,50 m de large et de 0,7 à 1 mm d'épaisseur, clouées.

CULER : Faire marche arrière alors qu'on est en train d'avancer.

CREUX : 1. Profondeur entre deux lames mesurée de la crête à la base.
2. Distance intérieure d'un navire entre le
pont supérieur et le fond de la cale.