Jeune étudiant de 19 ans, notre père, alors élève-maître, a fait parti, très humblement, de ceux qui, dans l'ombre, ont participé à la libération de notre terre, à travers les combats de la Résistance en Haute-Corrèze.

Il n'en a jamais parlé. Je n'ai retrouvé qu'une partie du petit carnet (9,5 cm de haut sur 5,6 cm) où il a écrit son journal : cette période de sa vie dans la Demie Brigade de l'Armée Secrète de Haute-Corrèze, section Corps Franc.

Un des rôles des maquis de Haute-Corrèze fut de surveiller la route nationale 89 - axe stratégique allemand - allant de Bordeaux à Lyon et coupant la région du sud-ouest au nord-est. Elle permet le ravitaillement des garnisons et les mouvement des troupes allemandes.

Carnet à la page du 29 juillet 1944

Il était sous les ordres du Commandant CRAPELET (dit Duret), 1er Bataillon, du commandant Louis LE MOIGNE (dit Jean-Jacques), 7ème Compagnie, du capitaine AUDY (dit Ulysse), 1ère section, section Corps Franc de Meymac sous les ordres du lieutenant PETROT.

Cette page Web n'a valeur que d'hommage. Elle peut permettre d'illustrer la vie de ceux qui avaient pris le maquis. C'est en tout cas un remerciement à tous ceux qui ont marché debout et, à tous ceux qui marchent encore debout, dans le monde, pour que vivent la Paix, la Démocratie et la Liberté.  
(Les noms de personnes et de certains lieux avaient été raturés.)
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"Pour lutter contre le Présent et créer l'Avenir; le Passé est souvent l'arme la plus efficace."
Julien Green

Jeudi 1er juin 1944 :
Fini, ouf et comment !
De 8 à 11 h  mathématiques grâce à mon entente parfaite à B., A. lui et moi, avons fait les 2 maths : pas trop durs d'ailleurs.
Pas moyens de partir cet après-midi : le maquis a coupé toutes les communications et je reste au bahut.
A part çà, journée très importante pour moi à tous les points de vue : débrouille magnifiquement grâce à R. et A.S.

Vendredi 2 juin 1944 :
Jour de grande odyssée. Subitement décidé, je pars de Tulle à 10 h 40 par le tortillard qui par Peyrelevade, St Clément, Seilhac, Le Lonzac, Affieux me conduit à Treignac.
Nous étions 7 et avons mangé au Nouvel Hôtel : vue Colette P.
Treignac-Gourdon à pieds : 11 Kms.
Gourdon-Magoutier à bicyclette.
Magoutier Gordon à pieds : 6 Kms.
Claqué divinement et superbement ce soir : espère bien dormir.
Demain Bugeat puis Meymac.

Samedi 3 juin 1944 :
Levé à 9 h. Vais au Chamadou, La Brousse.
Pars de Gourdon à 12 h 30. Fait de l'auto-stop et arrive à Bugeat ; retrouve les autres.
Démarre de Bugeat après maints pourparlers dans un fourgon à bagages. Arrivée secrète à Meymac.
Contre ordre : je vais demeurer ici jusqu'à nouvel avis.
Je vais essayer de bûcher un peu mes poésies et m'y prépare dès ce soir.
Bonne chance à moi.
Mes commentaires : Le commandant Duret installe son PC à Saint Exupéry. La radio anglaise diffuse la première partie du poème  
Chanson d'Automne de Paul Verlaine "Les sanglots longs de violons de l'automne..." signe de la mobilisation des maquisards.

Dimanche 4 juin 1944 :
Dimanche en cage. Levé tard après avoir récupéré, je lis et écris toute la journée : Hugo, Musset sont de mes amis.
Du nouveau encore et toujours.
Vu madame H.
Changement de programme : il y a des chances que comme je m'ennuie ici, je parte sous peu en villégiature dans la région !

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Lundi 5 juin 1944 :
Première journée d'une nouvelle vie. Je suis en plein maquis et membre de l'armée secrète. J'écris sur mon genou, la vie est rude mais belle. J'ai trouvé ici une bonne équipe de gars rudes, peut-être peu raffinés et dégourdis, mais foncièrement bons : de braves types qu'il faut s'appliquer à comprendre.
Je dormirai ce soir et jusqu'à nouvel ordre dans la paille.

Mardi 6 juin 1944 :
Deuxième jour de maquis. Je vais avec Jacques en mission à M…….
Je me tape donc les 31 km à pieds : c'est ce qui fait les souliers dit-on.
Vu Maman.
Suis rentré au camp ce soir fourbu et rattaplat.
Demain, reste ici et doit travailler à la gitoune du groupe.
Bonne nuit à moi.
Mes commentaires : "...Blessent mon cœur d'une langueur monotone" : c'est le jour J.
Les Alliés débarquent sur les plages d'Omaha, Utah, Sword et Juno en Normandie. Au soir de ce jour 156 000 hommes ont débarqué.
La garnison Allemande de Maréges est encerclée par le maquis. Elle ne sera délivrée que le 14 par une colonne allemande venue de Clermont Ferrand. Aucune installation ne sera endommagée.

Mercredi 7 juin 1944 :
Je suis encore fourbu et rattaplat ce soir et bien fourbu. J'ai terrassé, creusé, pioché, "pellé", toute la journée et la gitoune est finie ce soir.
Avons reçu ce soir de nouveaux camarades dont deux chics types : Jojo et René que j'appelle Grand Père car classe 40, il m'a pris sous sa bonne et douce protection moi de bébé, le gosse du groupe.
Mes commentaires : le maquis attaque les forces allemandes dans le quartier de Souilhac à Tulle (Corrèze) pour libérer la ville.

Jeudi 8 juin 1944 :
Belle journée aujourd'hui. Le débarquement de mardi se continue et les ordres étant arrivés, nous changeons de camp demain. La vie est belle aujourd'hui et nous avons joué à la belote deux heures durant et joué au cuistot et au guetteur.
Demain le véritable boulot militaire commence. Ouf ! 
Mes commentaires : Les combats reprennent à Tulle. Au soir la 2ème division blindée "Das Reich" arrive.
La garnison allemande d'Ussel, après un bref combat, se met sous la protection du 1er Régiment de France unité vichyssoise.

Vendredi 9 juin 1944 :
Jour de déplacement et de changement de camp. 20 km de marche à pied de notre camp près .............. au nouveau près .......... . Mal aux pieds, envie de pioncer. Alerte, garde, visite à la marquise, les jeunes Espagnoles, enfin toute la vie militaire avec les peines de la marche et les plaisirs de l'étape à l'arrivée.
Demain l'établissement du nouveau camp commence.
Y restera-t-on longtemps ?
Mes commentaires : Les SS de la Das Reich, sous la direction du général Lammerding, pendent 99 personnes aux balcons de Tulle et déportent 149 autres dont 101 seront exterminés.

Samedi 10 juin 1944 :
Journée de travail et de garde (2 à 5). Je contribue à la construction des tentes et plus activement de la cuisine : grand père est content de son petit fils.
Soirée au village où je fais la rencontre de la "Marquise" de sa bonne Fernande, de la belle espagnole Rosalie et de Marthe.
Crevé ce soir : physiquement et moralement.
Complètement à plat.
Mes commentaires : la Das Reich massacre la totalité des habitants du petit village d'Oradour-sur-Glane, en Haute Vienne, non loin de Limoges. Seules 5 personnes survivront au massacre qui fera 642 victimes, dont 246 femmes et 207 enfants.

Dimanche 11 juin 1944 :
Dimanche de Juin. Premier Dimanche au maquis et jour de repos théorique.
Je dors tout l'après-midi et joue à la belote pour finir par aller éplucher les peluches.
Les copains francs-tireurs se sont fait démolir à Ussel : 4 morts à Meymac, 51 à Ussel... et les Boches tiennent toujours à l'EPS (l'Ecole Primaire Supérieur). Ces salauds là, les tiendra-t-on ?
Oui, si tout le monde s'unit et y met du sien, non, si on continue comme c'est présentement.
Mes commentaires : Le maire d'Ussel, M. Var, le commandant de la gendarmerie, le lieutenant Pujol, le commandant de la compagnie du 1er régiment de France, le capitaine Noêl, obtiennent la rédition de la garnison allemande (180 hommes) le 9 juin. Mais, une incompréhension des FTP provoque la riposte des Allemands le 10 juin. Ils tuent 47 FTP devant l'Ecole Primaire Supérieure d'USSEL
.

Lundi  12 juin 1944 :
Journée de permission. Parti du camp à 8h, attends voiture à ......., démarre à 10h30, arrive à midi à ....... . Enterrement des 4 copains. Commissions. Retour en voiture. 4 h 30 au camp. Soirée au camp. Soirée au camp où des nouveaux sont encore arrivés. Avions Boches sur la région, bombardement, du coté de Macrèges-Lignivac. Les pauvres qui ont dérouillé !
Mes commentaires : les Américains établissent à Carentan la jonction des têtes de pont sur un front de 80 Km.
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Mardi 13 juin 1944 :
Journée passée entière au camp. Jojo-Grand Père, le responsable sont en perm d'enterrement à ......... et doivent rentrer ce noir. 2000 Boches sont en marche sur Marèges par Ussel. Les salauds qui ont démoli les copains à Ussel ont été libérés. La panique règne dans les patelins des alentours. Les vieux rappliquent au camp et ce soir, nous sommes serrés sous la tente. Bonne nuit à tous !
Mes commentaires : Une colonne allemande de 400 hommes environ, venant de Lyon, vient libérer la garnison d'Ussel puis, rejoint celle de Marèges chargée d'occuper l'usine hydroelectrique du barrage de Marèges.

Mercredi 14 juin 1944 :
Arrivée de bleus dont mon vieux ........ qui me revient épuisé d'un séjour qu'il fut contraint de faire chez les F.T.P.
Départ de 12 types pour le camp de B. ; camp du GQG-AS. Parmi les partants, Jean.......... Au dire de Jacques, toute l'équipe des cloches.
Bonne journée dans l'ensemble. De bonnes nouvelles des Boches qui après avoir grillé et brûlé Ligniac quittent Marèges.
Mes commentaires : Depuis le 9 juin, la 2ème compagnie du capitaine Jules harcèle au bluff la garnison de Marèges. Les routes, les conduites d'eau sont coupées. Finalement, le 14, la colonne de Lyon et la garnison quitte la région définitivement. La région de Marèges-Neuvic est libre. Le barrage est intact.

Jeudi 15 juin 1944 :
Déjà dix jours de maquis et j'aurai demain 19 ans.
Beau temps splendide, garde, gymnastique suédoise, instruction militaire (premiers principes).
Agréable soirée passée sous la tente : jeu de belote et autre bagatelle.
Les Boches évacueraient Ussel, laissant la précédente garnison renforcée. Les vieux ont regagné leurs foyers ce matin. Nous restons maintenant dans les 25 au camp.

Vendredi 16 juin 1944 :
16 juin 1925 !
16 juin 1944 !
J'ai 19 ans aujourd'hui et de la moustache sous le nez et dans les mains une mitraillette.
J'ai 19 ans et je n'ai pas été embrassé par maman ce matin.
J'ai 19 ans et je suis un hors la loi : un hors la loi de Vichy, un bandit pour Berlin ; en tout comme en rien, je suis un maquisard, un membre d'une armée secrète qui a pour but de donner à son pays avec la libération un retour vers la joie et le bonheur.

Samedi 17 juin 1944 :
Aujourd'hui départ en perm : je pars jusqu'à mardi matin. Une veine si l'on veut, bien que je me trouve très bien ici e que je ne m'ennuie pas le moins du monde. Voyage à pieds jusqu'à ........... puis achèvement à vélo réquisitionné. Arrivée à 12 h à .......... . Joie de maman. Après-midi en ville. Fait enrager amis Jean et Suzanne. Ce soir enfin pour conclure, je lis des vers.

Dimanche 18 juin 1944 :
Dimanche de permission, dimanche de .........., dimanche si semblable ou Dimanche d'autant où je venais en vacances de Tulle. Je m'ennuie. Le ciel est atrocement gris, il va faire orage et mon cœur est sans désir, ni souhait.
Je lis des vers au hasard des pages sans ordre, ni méthode.
Heureusement, (j'ose écrire ce mot), je repars demain matin au lieu de mardi : un ordre m'est arrivé, un ordre qui me réjouit.

Lundi  19 juin 1944 :
Retour au camp. Parti de ........... ce matin à 7 h 15. Je suis au camp à 8 h 30 : un record. Rien de nouveau. Ca fait plaisir de retrouver à nouveau son sac, sa paille et ses bons camarades si pleins de cette simplicité qui emplit tout ici et manque tant là-bas : la vraie France, la bonne est ici, et plus que tout, je crois c'est ce retour à la vraie Gaule qui régénérera notre France.
J'ai lu "La treizième tête", un livre bébête d'un certain : Pierre Rehm.
Mes commentaires : début de la bataille de la mer des Philippines.

Mardi 20 juin 1944 :
Journée de maquis comme tant d'autres. Les copains qui étaient en perm. sont rentrés ce matin et moi, je joue au chef de groupe réfractaire.
J'ai commencé de lire aujourd'hui "Le Greluchon Sentimental", un livre de Francis de Miomandre. Livre plaisant et léger tout en restant rigoureusement propre. Livre jeunes. Peinture spirituelle d'une société de derniers mondains, de maquereaux et de nouveaux riches parmi lesquels circulent jeunes hommes et jeunes filles sympathiques et pures.
                   
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Mercredi 21 juin 1944 :
Journée mémorable. Pour moi et pour beaucoup d'autres, première journée au feu : première journée de tir à la mitraillette (sur 3 balles à vingt mètres, j'en mets 3 dans la cible : une page de "Signal" avec au dessus une admirable tête de Boche) et aussi au revolver, c'est un parabellum magnifique : une montre en moins brillant. Cependant que Paris, mon ami se blesse légèrement sur le nez.
A part ça, j'achève le bouquin commençait hier : "le Greluchon sentimental".

Jeudi 22 juin 1944 :
Eh bien ! J'ai mal aux fesses.
Les Boches sont là, nous a-t-on dit ce matin. Je pars à tous risques vers ......... pour faire la liaison. ......... : rien, faux bruit. ............ : vérité, abandon du vélo et départ de ............ en motocyclette avec Jacques. Course et arrivée au camp que l'on alarme. Départ de nouveau le soir avec Jacques en moto tous terrains, retour............ à travers bois le revolver à la main. Mission à .......... chez Jojo et René. Retour à pieds.
Bilan : levé 5 h du matin, couché 24 h 30.

Vendredi 23 juin 1944 :
Levé 5 h 30, départ 7 h de ............. avec Jacques et Jo. Passage à ........... on répare les bicyclettes démolies. Départ pour A........ où au camp annonce de départ pour B........... le lendemain. Bouille des types, râlantes. Journée passée en courses et préparatifs de départ.
Nombre impressionnant d'avions sur le camp. Histoire d'un pigeon voyageur.
Adieu Roselina, Pépita, Paquita et Fernandes.
Adieu mignon Joseph aux si clairs yeux.
Adieu et bonne chance Gaudy.

Samedi 24 juin 1944 :
Ouf ! J'en ai mare ce soir et plein les pieds. Je me suis tapé au minimum aujourd'hui dans les 30 Km. Nous avons été d'abord dans fichu, pays que l'on appelle, je crois, C.............. puis toujours à pieds par les petits chemins, nous avons été à ........... ou du moins près de B............ Demain, il va falloir organiser le camp ici, car il est dans un fichu état : y restera-t-on longtemps ?
Peut-on l'espérer ?

Dimanche 25 juin 1944 :
Quartier libre aujourd'hui. Mais il faut deux volontaires pour rester au camp pour monter la garde.
Comme personne ne parlait à la fois, Albert et moi, nous nous sommes offerts et nous voilà flemmardent, lisant, dormant, rêvant par cette chaude et orageuse après-midi.
La vie est belle au maquis aujourd'hui. Le soleil met aux toiles de la tente de beaux tableaux sans cesse variés. C'est supérieur à toute peinture et c'est bien plus simple, plus décoratif.

Lundi  26 juin 1944 :
Première journée d'installation. Nous changeons encore une fois de camp et commençons l'installation d'une nouvelle tente : une tente impeccable près des camps des Ecureuils et des Sangliers de B......... . On pioche, on pelle, toute la journée et le soir, on va chercher les équipements : des vêtements C.J.F. du groupe. On le voit ça commence à s'organiser : bientôt on passera peut-être aux choses sérieuses.

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Mardi 27 juin 1944 :
Il pleut aujourd'hui, il pleut comme il a plu cette nuit ; il pleut averse, à flots et nous passons la journée en discussions stériles en parties de belote et aussi en un nouveau jeu (très plaisant) que l'on appelle le "rami".
Je rêve d'un temps de paix et de calme, un temps que je reverrai peut-être plus, où les filles seraient belles et souriantes et où j'aurais des désirs, des ambitions, des goûts.

Mercredi 28 juin 1944 :
Hier au soir, je suis parti à pieds en perm pour .......... . Une perm de nuit bien entendue et je suis reparti ce matin à 8 h toujours à pieds. .............., je ne sais si je saurais de nouveau me plier à ta vie étroite et stupide. Je suis sans goût, sans désir. Moi, qu'un livre intéressait ou des valeurs littéraires réelles, ou une belle femme suffisaient à faire bondir, je me retourne sans réaction, rataplat et abattu.

Jeudi 29 juin 1944 :
Journée de travail sérieux. Nous avons fait tout le terrassement de la nouvelle tente, nous l'avons remontée et c'est un vrai château. Demain, il nous faudra monter les cuisines et alors nous pourrons manger ,coucher, vivre là-bas. Un nouveau "camp du bouc" commence et là aussi une nouvelle vie: nous serons tous des gars gonflés, tous des types qui en veulent : des corps francs.

Vendredi 30 juin 1944 :
Dernier jour d'installation au nouveau camp. Nous avons monté les cuisines et pour la première fois hissé les couleurs en ce nouvel endroit. C'est là 6ème fois depuis le 5 juin que je couche en des endroits différents. C'est une véritable petite merveille que nous avons montée là et sans plaisanterie avec de l'entraînement, on doit arriver à faire presque du merveilleux.
Je suis las ce soir.

Note : Mois décisif pour moi. Pour ma vie future.                       [Haut de page]
Engagé dans l'A. S. le 1er juin, je me retrouve en plein maquis le 5 juin.
Dés le 5 juin je suis un hors-la-loi français ; un terroriste, un franc-tireur vis à vis de la loi allemande.
Le 24 juin j'accepte volontairement - j'écris même gaiement - de faire parti du "Corps Franc". Je jure que je l'ai fait en pleine conscience quoi qu'il puisse m'arriver.

© C. BORZEIX 2008