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Le samedi 10 juin 1944, par une paisible et belle journée de marché, la division Waffen SS Das Reich encercle et font irruption dans le bourg du village d'Oradour sur Glane, à 17 kilomètres au nord ouest de Limoges (Haute-Vienne). Très rapidement, ils rassemblent les habitants sur le champ de foire. Les hommes sont séparés des femmes et des enfants pour être fusillés
dans plusieurs bâtiments du bourg (forge, granges, garage). Quatre
d'entre eux réussissent à s'enfuir, après avoir fait les morts, recouvert
par des cadavres. Le village est rayé
de la carte : au total, 642 victimes sont dénombrées, dont 245 femmes et 207
enfants. "Des
cendres humaines, jusqu'aux genoux", dit
un des
premiers témoins du massacre. Seules 52 ont pu être identifiées formellement. Seules
5 personnes ont survécu au massacre. Rien n'explique que cette ville ait été désignée à la destruction par les Allemands : ce village est paisible. Il n'y a jamais eu d'activité de résistance. Selon le mot du général de Gaulle en 1945, Oradour a été érigé au rang de "symbole de ce qui est arrivé à la patrie elle-même". - Immédiatement, la décision est prise sous l'impulsion des notables de la région de laisser Oradour en l'état, c'est à dire en ruine, tel un sanctuaire. - Au début de 1944, une
des meilleures divisions allemandes, la 2ème
division blindée
SS "Das Reich", sous le
commandement du Gruppenführer Heinz Lammerding, est regroupée
dans la région de Montauban, pour être reformée. Elle est composée
de 18.000 hommes appuyés de blindés légers et de
chars. - Le12 janvier 1953, a lieu un procès militaire à Bordeaux. La justice militaire ne juge que des exécutants : 21 des 65 participants au massacre - 7 soldats allemands et 14 soldats alsaciens présents dans la division Das Reich. Parmi ces 14 soldats, 13 avaient été incorporés de force dans l'armée allemande : on les appelle les "Malgré-nous" *. Aucun commanditaire du massacre d'Oradour n'a été jugé. Un seul officier allemand, le SS-Gruppenführer Heinz Lammerding, est condamné à mort, par
contumace, par le tribunal. En fait, il se cache sous le nom de Braune,
à Wiesbaden. Plus tard, il s'établit sous son vrai nom à Düsseldorf
comme entrepreneur. Il meurt le 13 janvier 1971 à Bad-Tölz, en Bavière,
sans avoir jamais été extradé vers la France, qui l'a réclamé
vainement pendant des années... - Dans la région d'Oradour,
cette amnistie provoque la colère et, surtout, une conviction d'abandon. La commune et l'Association Nationale des Familles des
Martyrs d'Oradour (ANFM) renvoient la Légion d'Honneur que
la ville avait reçue. Ils placardent à l'entrée des ruines la
liste des parlementaires qui ont voté l'amnistie. - Depuis, bien sûr, les relations avec l'Etat ont repris. Le maire de Strasbourg - fils de «Malgré nous» - conduit une délégation à Oradour-sur-Glane, pour les cérémonie de 1998. Un mémorial, "Le Centre de la mémoire", est inauguré en 1999. La réconciliation est en marche entre le Limousin et l'Alsace. - Le 10 juin 2004, pour la première fois, des élus alsaciens, le président du conseil général d'Alsace, le président du conseil général du Bas-Rhin, le maire de Strasbourg, l'archevêque de Strasbourg et l'évêque de Limoges participèrent officiellement à la commémoration du massacre d'Oradour-sur-Glane dans un esprit de réconciliation. Une cinquantaine de lycéens alsaciens ainsi qu'une délégation de jeunes Allemands étaient aussi présents. Le maire d'Oradour, Raymond Frugier, estime que "les lieux
de mémoire ont le devoir de porter un message de paix et de concorde
entre les Européens". Quelques jours avant, le Chancelier allemand Gerhard Schroeder participe aux cérémonies de l'anniversaire du Débarquement du 6 juin 1944. C'est la première fois qu'un chancelier allemand y participe. A l'occasion de la cérémonie franco-allemande à Caen, le 6 juin 2004, il fait une déclaration et évoque le massacre d'Oradour. Messieurs Jean Marcel Darthout (80 ans), et Robert Hebras (79 ans) sont les deux derniers survivants... "Ni haine, ni oubli" Nombreux ont été et sont encore les génocides de l'Histoire : la Shoah, le Rwanda, Srebenica, Eperme Studime au Kosovo, la Tchétchénie, le Tibet, l'Algérie... ll ne faut pas les oublier. "Quiconque oublie son passé est condamné à le revivre" - Primo Lévi * : Les « Malgré
Nous » sont les lorrains et les Luxembourgeois qui furent enrôlés de
force dans l’armée allemande, la Wehrmacht, à partir de 1942 et qu’on envoya
surtout sur le front russe. © C. BORZEIX 2007 |
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