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2004 a été aussi l'année des commémorations d'un soixantième anniversaire moins connu : celui du Drame de Tulle en Corrèze. Le 9 juin 1944, la division Das Reich, après une rafle des hommes présents à Tulle et une matinée de tri, pend 99 hommes aux balcons du quartier de Souilhac et en déporte, 149 autres à Dachau. 101 ne revient pas. Quelques jours avant le débarquement, le message de la BBC - constitué par la première partie du célèbre poème de Verlaine : les sanglots longs - demande aux forces de la Résistance (les FFI) de retarder les déplacements des forces allemandes, en pratiquant des embuscades, des sabotages de routes et de voies ferrées... En Corrèze, le mercredi 7 juin, dés 6 heures du matin, les F.T.P. (Francs Tireurs et Partisans, proches des organisations communistes) attaquent la garnison allemande de Tulle afin de libérer la ville. Les combats font rage. 17 gardes-voies sont fusillés. La caserne du Champ de Mars siège des G.M.R.. (groupe mobile de réserve, autrement dit la police de Vichy) est incendiée. La soirée est pratiquement calme. Le jeudi 8 juin, les combats reprennent
à l'Ecole supérieure
de jeune fille où se tient la garnison allemande et deux
escadrons de gardes mobiles ; à l'hôtel Saint-Martin, le siège
de la Gestapo ; à la maison Pradou, où se sont barricadés les miliciens
et deux pelotons de gardes mobiles. Le Préfet Pierre
Trouillé s'oppose à l'exécution de 25 blessés allemands
par
les maquisards FTP. Il les fait soigner à l'hôpital. Le lendemain vendredi 9 juin 1944, dès
6 heures du matin, les S.S., prétextant de la mort d'une quarantaine de soldats
allemands et invoquant un simple contrôle de papiers, fouillent toutes les maisons et effectuent
une rafle gigantesque de tous les hommes et adolescents : 5 à 700 personnes
sont ainsi détenus dans la cour de la Manufacture d'armes. Ils sont
répartis en 3 groupes. Autre fait peu connu ou occulté : alors que la population de Tulle est encore abasourdie, le 24 juin 1944, les Allemands raflent 74 jeunes et les envoient au Service du Travail Obligatoire (STO) dans un camp de la ville de Judenburg, au centre de l'Autriche. Il s y restérent jusqu'à la fin de la guerre et ne revinrent pas forcément en bonne santé (voir bibliographie). Après la Libération, le Préfet Pierre Trouillé est décoré de la Croix de guerre avec deux citations. Ces événements dramatiques sont toujours
présents dans la
mémoire collective de Tulle. Chaque année, les habitants commémorent avec ferveur auprès des familles de survivants ce douloureux
anniversaire. Les balcons de Souillac sont fleuris.
Le 9 juin 2004, près de 3.000 personnes - familles de victimes, simples habitants, anciens résistants et élèves de la ville de Tulle - ont défilé jusqu'à la stèle des martyrs, en présence du ministre de l'Intérieur.
© C. BORZEIX 2006 |
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